Pour des tas de raisons, je n'ai pas eu l'enfance que je méritais.

Physique: J'ai un problème de coordination de mouvement depuis tout petite, et j'avais des problèmes d'articulation. Du coup, j'ai passé mon enfance chez la psychomotricienne, la psychologue et l'orthophoniste, j'arrivais pas à faire de la corde à sauter, à peine à faire la marelle, je courais moins vite et je n'arrivais pas à rattraper les balles en sport. Autant dire que ça m'a isolé socialement... Et c'est dur d'avoir un panel de gestes réduit, quand, en toi, sommeille une miss "100000 volts" qui veut tout faire, tout découvrir. Puis, il y a eu le corset... 3 années de douleurs, de séances de kiné... Alors, en plus de courir moins vite, je transpirais deux fois plus que les autres filles, c'est à dire, comme un rugbyman après son entrainement, je n'ai pas non plus pu porter des habits à la mode puisqu'ils sont tous avec un décolleté que je ne pouvais pas me permettre car il fallait cacher le corset... Je n'ai pas appris à être coquette, je l'ai appris à la fac... Et puis, j'aurai pu apprendre à me forger mon style vestimentaire, en fonction de mes envies, et non pas me cacher sous des vêtements informes pour éviter le regard des moqueurs, pour ne pas décevoir mes parents (surtout mon père, qui critiquait tout).

Social: J'aurai du être une fille épanouie, qui n'a pas peur de montrer à la maitresse son savoir (parce que grâce aux bd que je lisais par dizaine, j'arrivais à connaître certaines choses, eh oui, les bd ne sont pas une "sous- littérature"), qui n'a pas peur de se faire des amies... Mais on ne m'a pas appris à être autre chose qu'une timide, une victime, une solitaire... Donc on se moquais de moi, et au lieu d'apprendre à me battre, je me suis repliée sur moi-même.

Si un jour je suis mère, que mon enfant ait des problèmes ou non, je promet que je veillerai à se qu'il vive une enfance heureuse et épanouie, qu'il sache se battre contre les moqueries, contre ses problèmes...

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