On m'a toujours dit "le temps répare les blessures", je ne savais pas que c'était si vrai. J'ai mis 6 mois à être en paix avec la mort de mon papy, et j'ai mis 6 ans à cicatriser de mon harcèlement scolaire...

Mais du coup, j'ai peur... J'ai été surprise, deux fois, j'ai vu sur facebook des appels à témoignage sur le harcèlement scolaire, deux fois j'ai été surprise de ne me souvenir que de la moitié des grosses humiliations subies. J'ai peur d'être en train d'oublier le harcèlement scolaire. Bien sûr, ça a des conséquences positives: je ne suis plus torturée par mes souvenirs, je suis un peu moins paranoïaque, je m'assume enfin physiquement...

Mais que faire? Si mes cousins de 8 et 6 ans sont harcelés, si mes futurs enfants sont harcelés? si je ne me souviens plus de ce que ça fait? Vais-je devenir comme ces adultes qui m'ont dit "ignore les"? Vais-je réussir encore à faire de la prévention si il n'y a plus d'affect dans mes anecdotes?

J'ai parfois l'impression que je suis entrain de perdre la Lucie adolescente, celle qui c'était promis de toujours se souvenir pour ne jamais faire parti des adultes déconnectés des souffrances du harcèlement et de l'adolescence...

J'ai du mal avec les fait qu'un jour, j'aurai 60 ans qui me sépareront de ma dernière humiliation au lycée...

Bien sûr, j'ai toujours autant de mal à entrer dans un collège ou un lycée, je refuse toujours de reprendre mes études (surtout si ça inclue d'étudier avec des lycéens ou des jeunes tout juste sortis du lycée)...

Mais voilà, c'est la" conséquence" de 3 ans de bienveillance... L'oubli des moments difficiles du harcèlement scolaire...

J'ai bien fait d'avoir commencé ce blog et écrire ces articles, ils sont ma mémoire.

L'écriture, c'est la mémoire la plus fiable et la plus facile à mettre en place....

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