Angoisse d'abandon
Je sais que ce soir, je parle beaucoup de moi. J'aimerai vous parler d'une angoisse qui m'obsède, qui me suit toute la journée et qui me pourrit souvent la vie: l'angoisse d'abandon.
L'angoisse d'abandon est la crainte d'être abandonnée, comme son nom l'indique. Elle est souvent du à un traumatisme durant l'enfance, mal guéri.
Comment ça se manifeste?
Chez moi, c'est des crises "d'exclusivité": contrairement à la jalousie, j'accepte qu'une amie cotoie des gens, que je ne perçoit pas comme des menaces, à condition qu'elle reste avec moi, qu'elle me manifeste de l'attention. C'est une obsession d'être regardée, d'avoir l'attention des autres: me plaindre trop, parler trop souvent de moi, harceler certaines de mes amies de SMS, faire la fille "sociable"... Mais l'inconvénient est un sentiment d'insécurité permanent: quand une amie ne répond pas à mon SMS, quand on ne me regarde pas assez... j'angoisse. C'est à différencier de l'égoisme, car l'égoiste lui, n'a pas peur d'être abandonné, il veut juste du public pour l'admirer. Donc, on me dit souvent égoiste car du coup, j'utilise souvent "je".
L'angoisse me pousse aussi à me retirer de la vie sociale, ce qui donne l'impression aux autres que je ne suis pas "stable" (tantôt sociable/tantôt asociable). Ca m'arrive souvent quand je me souviens de tout ces abandons que j'ai vécu: ces amies qui sont parties, qui ne m'aiment plus, les gens qui me rejettaient au collège parce que ça fait tâche d'être ami avec "la moche"... Je fais facilement confiance, mais comme tout le monde, j'ai eu affaire aux "faux amies" qui vous lachent quand elles trouvent mieux. Du coup, à chaque trahison et montée d'angoisse, je me promet de ne plus faire facilement confiance, de ne plus facilement m'attacher à quelqu'un, mais bien souvent je ne tiens pas parole (d'un certain côté, heureusement, car sinon je n'aurai pas rencontré certaines de mes amies qui sont restées).
Mais l'angoisse prend souvent des proportions incontrolées: je ne me rend pas souvent compte quand j'harcèle une amie de SMS, de mail... En primaire déjà on m'appelait "la glu", "la pot de colle". Nombreux sont les amies qui ne le supportent pas, et qui préfèrent couper le lien au lieu de simplement me rassurer. Rallongeant ainsi la liste des "gens qui m'abandonnent". Le pire dans l'histoire est que, plus je les harcèle pour me rassurer, plus elles me le reprochent, donc plus j'ai peur qu'elles m'abandonnent et plus je les harcèle... C'est un cercle vicieux. Et c'est là qu'on voit que je manque cruellement de confiance en moi, pour faire confiance aux autres. De plus, l'angoisse me rend dépendante des autres: je ne vis que pour avoir l'attention de mes amies. Ce qui est très embêtant, parce que, de peur de les perdre, je n'ose souvent pas exprimer un avis contraire du leur... Du coup, je suis devenue la "bonne poire", j'ai du mal à dire "non" et mes amies à savoir si je dis "oui" par envie ou pour leur faire plaisir... Du coup, que je dises "oui" tout le temps, ça amène les "faux amis".
L'angoisse est invisible et souvent incompréhensible: "Bah, de toute façon, à un moment ou un autre, on change d'amies!", "Fais-leur confiance, rien ne te dit qu'elles vont t'abandonner", "C'est la vie.", "Si tu continues, tu vas perdre toutes tes amies", "Tu veux juste qu'on te remarque"...
Je ne sais pas si c'est du à la naissance de mon petit frère, à ces deux fois où je me suis perdue sans mes parents (ou plutôt, rêveuse comme j'étais, ces deux fois où mes parents ont failli me perdre et où, sortie de ma rêverie, j'ai flippé de ne plus les voir), aux moqueries et humiliations que j'ai subis, ou bien à un traumatisme plus profond... Mais comme toute angoissée, je n'ai besoin que de deux choses: de la tendresse et de la compréhension.
Les angoisses, ça se guérit grâce au temps, aux autres, à leur patience et à leur bienveillance...