Je sais qu'on ne peut changer le passé, mais, et si certains événements s'étaient passés autrement? Qu'est-ce qu'il serait arrivé ensuite?

Et si je n'avais pas subi le harcèlement scolaire?

- J'aurai sans doute été une harceleuse, mais étant pas du genre sociable, je serai resté sans amis, entouré d'hypocrites qui seront restés juste pour se moquer de mes victimes!

Et si j'avais pu aller dans un lycée avec une filière théâtre (si j'avais eu le courage de demander à mon père et si il avait accepté)?

-J'aurai pas été dans l'atelier théâtre de mon lycée, je n'aurai pas rencontré ma prof de théâtre qui m'a tant aidé, j'aurai sans doute rencontré un prof de théâtre imbu de lui-même trop tôt, qui m'aurait dégouté du théâtre, ou je serai devenue snob, me croyant dans une filière super importante, alors que maintenant, je ne connais aucun comédien célèbre sorti de la filière théâtre ce lycée...

Et si j'avais pas été en clinique psy en 2014 et 2015?

- J'aurai peut être eu ma licence de psycho, j'aurai tenu jusqu'à avoir mon cabinet, puis, j'aurai replongé dans ma dépression et je serai devenue une mère dépressive tout le temps droguée aux médocs, incapable de continuer le boulot de psy... Mon ex serait resté plus longtemps, puis aurait fini par me quitter quand même. J'aurai commencé à boire en pensant à ma carrière de théâtre avortée et à ceux de mes groupes de théâtres qui ont réussi dans cette voie.

Et si j'avais continué à parler à mon père?

- Préoccupée par son avis, je n'aurai pas osé changer de look, je n'aurai jamais fait l'élection Miss Pinup, par peur je ne serai pas partie seule en Espagne... J'aurai continué à sombrer dans la dépression à force de servir de tampon entre lui et ma mère et à force de l'écouter la critiquer.

Et si je n'étais jamais allé habiter dans ma résidence sociale?

- Je serai restée chez mes parents à rien faire, j'aurai vécu leur dernier jour de vie de couple et la violence de ce qui s'est passé alors, et ça m'aurait détruit. Une fois avoir déménagé avec ma mère, de désespoir, je me serai défenestré. Miraculeusement survivante, j'aurai continué à faire des allers-retours en clinique psy, je n'aurai eu plus d'amis, restant seule chez ma mère, sans arriver à m'assumer, à sortir de la dépression. A 30 ans, je serai droguée aux médocs et à la télé, pleurant sur ma vie que je croirai "ratée".

Voilà, il ne faut pas pleurer pour le passé, car au final on est passé peut-être juste à côté d'une vie désastreuse et ça grâce à nos échecs et nos loupés, faut pas non plus pleurer les occasions ratées, parce qu'à force de les pleurer on ne voit pas qu'on en rate d'autres!

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