Si on me demande si j'en ai fait, je répond: oui. Oui, je me suis ouvert la peau, je me suis griffée, coupée, tailladée... A petit coups de lame, je pensais évacuer mon stress, ma haine, mes angoisses... J'en étais fière et honteuse. Fière, car sur le coup, on se sent soulagée. Honteuse car après, on se rend compte de la gravité du geste.

L'auto-mutilation est un cercle vicieux: tu vas mal, t'angoisses-> tu te taillades-> t'es soulagée-> t'as honte-> tu te sens mal-> tu te taillades... Les gens ne se rendent pas compte de la puissance de ce petit geste! On ne se taillade pas par plaisir, on le fait parce qu'on souffre, parce qu'on arrive pas à l'exprimer. Pas pour faire son "interessante", celles qui le font pour ça ne le font qu'une fois... Car ceux qui souffrent vraiment ne savent pas s'arrêter, c'est pour eux le seul moyen de s'exprimer, de se défouler. Le malheur transforme la mutilation en addiction. Vous qui en êtes témoin: ne croyez pas qu'il va s'arrêter, aidez-le.

Ne fermez pas les yeux devant un bras tailladé! Aidez-les! Quelqu'un qui se taillade, c'est quelqu'un qui meurt à petits feux! Vous ne laisseriez pas quelqu'un mourir devant vos yeux, sans agir? Là, c'est pareil.

A vous, ceux qui se mutilent: vous n'êtes pas seuls, vous devez accepter de l'aide, en parler, sans honte, car ce n'est pas une honte d'aller mal. Dites-vous que ça ne sert à RIEN, que rester passif face à son "addiction à la lame" ne changera pas votre vie, ni en bien, ni en mal. Vous ne risquez rien à changer votre lame contre une scéance chez la psychologue.(qui n'est pas que pour les fous, je vous assure, et qui ne va pas vous juger) Courage, vous pouvez vous en sortir!

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