Ceux qui nous poussent, ceux qui nous enfoncent
Quand on tombe malade, surtout d'une maladie psychique, il y a deux types de personnes qui vous entourent: ceux qui vous poussent, et ceux qui vous enfoncent.
Ceux qui vous poussent, vous poussent vers la guérison. Et même si ils s'y prennent mal, par impatience ou par méconnaissance de la maladie, leur but ne change pas, ils veulent vous pousser à la guérison. Certains le font en vous empêchant de vous plaindre de votre sort (en vous rappelant que la vie est belle et que c'est une mauvaise période à passer), d'autres en vous soutenant dans vos soins (en prenant de vos nouvelles après les rendez-vous chez le médecin, en se renseignant sur vos traitement, en étant simplement une écoute)....
Ceux qui vous enfoncent, ce sont ceux qui ne veulent pas vraiment votre guérison, ou du moins, s'en foutent complet! Soit volontairement (en ne prenant pas de vos nouvelles pour ne pas avoir à vous écouter, en se donnant le rôle de la personne démunie face à votre maladie pour rester au centre de l'attention d'un public, en vous réprimandant à chaque "échec" dans votre traitement parce que selon lui faut être un faible pour rater cette étape du traitement, en vous démontrant que votre maladie est moins importante que la sienne et que vous devriez le soutenir...), soit involontairement (le copain qui fume des joints à côté de vous, alors que ça peut déclencher chez vous un délire schizophrène, le petit copain qui ne veut pas une histoire sérieuse et ne vous le dit jamais, le gars qui dit que c'est pas grave d'être malade et se barre quand la maladie se manifeste, l'ami qui vous engueule lors d'une crise d'angoisse parce qu'il croit que c'est qu'une question de volonté...).
Face à une maladie, on peut tous passer d'une catégorie à l'autre... Un jour on pousse, le lendemain on enfonce... Le plus important, c'est que quand on pousse, on fasse comprendre au malade que même si le lendemain on enfonce, c'est pas de la faute du malade, mais de notre propre vie, nos propres émotions... Personne n'a une vie linéaire, ni une vie sans émotions, sans découragement... Je ne me rappelle plus du film, mais je me souviens d'une scène où le personnage principal passe de "super gentil" face à son ami en difficulté, et fini par l'insulter en disant des trucs du genre "moi je suis X, je vais mal et je reste comme une m***e, au secours au secours, je suis un gros tas de m***e", son ami forcément pleure et là les autres amies arrivent et sont choqués car (ne les ayant pas remarqué) le personnage principal continue à insulter son ami qui pleure par terre... Bref, c'est une illustration du fait que notre impuissance face à la maladie de l'autre peut nous faire passer du bon samaritain au c****rd qui gueule "bouge toi le cul"!
On croit tous que face à la maladie d'un proche, on va être celui qui va l'aider à aller mieux, mais en réalité, y a plus de choses en jeu: tes émotions du moment, tes besoins du moment, ta vision de la maladie et surtout du chemin de la guérison, ta relation avec ce proche, ta relation avec vos proches en commun, et aussi la (mé)connaissance de la maladie...