Pour tout le monde, un chien est un chien, une voiture est une voiture... Mais pourquoi ne pourrait-on pas appeler un chien, "une voiture", et vice-versa? Depuis notre enfance, on nous a appris une palette de mots et d'expression tellement intégrés dans la vie courante, qu'on ne se demande même plus d'où ils viennent.

De plus, les mots sont-ils aussi utiles et fiables qu'on le croit? Je ne pense pas. Un mot peut-être déformé, vidé de son sens, modifié. Les dramaturges contemporains, comme Tardieu et Ionesco, nous ont montrés les limites du langage. Le langage peut être à l'origine de conflits, d'incompréhensions... Le langage est un outil fragile, le sens qu'on donne à certains mots peuvent changer selon la sensibilité de chacun. Par exemple "baiser quelqu'un", quand c'est une aventure d'un soir, ça passe, mais quand on utilise cette expression pour parler de ses ébats avec l'homme/la femme de sa vie, ça devient dégradant, et peu provoquer une séparation, un divorce. Il faut manier les mots avec précaution.

"Vers l'année 1900 - époque étrange entre toutes -, une curieuse
épidémie s'abattit sur la population des villes, principalement sur les
classes fortunées. Les misérables atteints de ce mal prenaient
soudain, les mots les uns pour les autres, comme s'ils eussent puisé
au hasard les paroles dans un sac. Le plus curieux est que les
malades ne s'apercevaient pas de leur infirmité, qu'ils restaient
d'ailleurs sains d'esprit, tout en tenant des propos en apparence
incohérents, que, même au plus fort du fléau, les conversations,
mondaines allaient bon train, bref, que le seul organe atteint était : le
"vocabulaire"…"
"Mme DE PERLEMINOUZE: Hélas! Chère ! J’étais
moi-même très, très vitreuse! Mes trois plus jeunes tourteaux
ont eu la citronnade, l’un après l’autre. Pendant tout le début
du corsaire, je n’ai fait que nicher des moulins, courir chez le
ludion ou chez le tabouret, j’ai passé des puits à surveiller leur
carbure, à leur donner des pinces et des moussons. Bref, je n’ai
pas eu une minette à moi."

Tardieu: "Un mot pour un autre"

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