Je vais vous parler d'une "maladie": l'hypocondrie, ou la maladie d'avoir peur des maladies... :D

L'hypocondrie, c'est la peur de mourir de manière soudaine et brutale, à cause d'une maladie grave, et surtout, pas diagnostiqué par les médecins ces incapables!

Bien sûr, quand je dis que les médecins sont des "incapables", c'est du point de vue de l'hypocondriaque.

Parce que l'hypocondriaque, comme il croit mourir bientôt, passe son temps chez le médecin. Bien sûr, il est en bonne santé, il a juste une simple toux, mal au dos le soir. Mais pour lui, il a un cancer de la gorge ou une sclérose en plaque... Du coup, il va chez le médecin, le médecin qui soit essaie de le rassurer, soit le contrarie en lui disant qu'il a tord. Du coup, l'hypocondriaque change de médecin, ou revient encore et encore, jusqu'à se voir prescrire un IRM, ou un scanner...

Bien sûr, il n'a rien. Il est rassuré... Puis le lendemain, il trouve un ganglion enflé dans le cou, ça y est, le médecin a été négligeant, il n'a pas décelé le bon cancer. Donc l'hypocondriaque retourne chez le médecin. Encore et encore.

J'ai lu que l'hypocondriaque se fixe sur les maladies (ou plutôt sur ses "symptômes"), pour ne pas penser au vrai problème: la mort.

L'hypocondrie est une souffrance, la famille en souffre car elle ne comprend pas, croit que la personne exagère, veut se rendre intéressante (après tout "comment ça va?" est la première question qu'on pose à une personne qu'on rencontre, et que la maladie est un bon sujet de conversation). L'hypocondriaque en souffre, car il croit que personne ne voit qu'il va mal, que tout le monde se fout qu'il va "bientôt" mourir. Il va même jusqu'à répéter son enterrement "au cas où". Le médecin en souffre, car il ne sait pas comment rassurer son patient au point qu'il ne vienne plus "pour rien", son patient revient toujours, lui prend du temps, prend le temps des spécialistes... Si l'hypocondriaque travaille, son supérieur en souffre, car il est toujours en congé maladie, toujours en congé pour passer des examens, voir des spécialistes...

Je suis hypocondriaque. L'année dernière je suis allée 5 fois aux urgences, car mes angoisses, prenaient les symptômes de l'avc ou de la crise cardiaque. J'allais voir mon médecin une fois tous les quinze jours. J'ai même subi une coloscopie car je croyais avoir un cancer colorectal, alors que j'avais juste un colon en zigzag (je le regrette tous les jours car c'est quand même une méthode invasive, que j'avais un régime strict avant, que c'était quand même ma première anesthésie générale). Mais j'ai suivi une thérapie. Je n'en suis pas sortie, de cette maladie, mais y a un mieux. Le 23 septembre ça fera un an que je n'ai pas appelé les urgences pour mes symptômes d'angoisse. Ca fait depuis juin que je ne suis pas allé chez le médecin, et encore, j'y suis allée juste pour qu'il me prescrive des séances de kiné (comme vous le savez j'ai porté un corset durant mon adolescence à cause d'une scoliose, la scoliose est toujours là, du coup parfois j'ai mal aux cervicales, les séances de kiné, c'était pour ça).

Je recommence à regarder des reportages sur le SAMU, sans décrocher mon téléphone. Bon, j'arrive pas encore à revoir la série "Dr House" (j'ai encore du mal avec les maladies super rares et soudaines). Mais maintenant, quand les angoisses arrivent le soir, je sais quoi faire, si je suis malade le soir, je soigne les symptômes immédiat (maux de ventre, de tête) et j'attend le lendemain pour savoir si c'est grave, je ne file plus direct aux urgences... et je suis devenue une adepte des tisanes et de l'huile essentielle de camomille romaine (la camomille a sur moi un effet relaxant dingue! Moi qui me croyait insensible aux trucs naturels...).

J'espère qu'un jour, j'irai assez bien pour être sûre que si je fais un avc, ce sera bien un avc et pas de l'angoisse, mais bon, j'en suis très loin, et je ne me souhaite pas d'avoir un avc...

Mais parfois je regrette d'aller mieux, parce que du coup, je ne suis plus angoissée des symptômes d'une éventuelle maladie, mais de la peur que j'évitais: celle de ma mort. J'essaie de l'éviter, de me trouver des raisons, mais j'ai du mal avec le fait que je l'aurai toujours, et que le jour où je n'aurai plus cette peur, c'est qu'elle se sera réalisée... Tout simplement, j'ai peur car personne ne peut nous dire ce qu'il y après la mort, de manière sûre je veux dire... Je ne parle pas de croyances, de religions... J'aimerai tellement qu'un scientifique, appuyé par des centaines d'autres, me disent: on sait ce qu'il y a après, et c'est... le paradis/la réincarnation.... Ou mieux: une résurrection! (et pas celle de Jésus, c'était y a 2000 ans et ils étaient des billes en médecines, ou des pros du spectacle, oui, je ne suis pas tendre avec mon "Frère")

Bref, l'hypocondrie, ça devrait être considéré comme une maladie "sérieuse", les psys savent que c'est une maladie, les médecins le savent aussi (même si ils ne posent pas de diagnostic vu que c'est considéré comme une "maladie psychique"), alors pourquoi les proches continuent à la considérer comme une lubie passagère? C'est normal de s'inquiéter d'une grosseur sur le sein, c'est inquiétant de passer ses soirées à le palper pour voir si il y a cette grosseur ou une résistance au toucher (confondant grosseur anormal et muscle normal).

Vous méritez d'aller mieux. L'hypocondriaque gâche son temps et son énergie à se chercher des symptômes d'une maladie grave, énergie qu'il pourrait utiliser pour VIVRE, car il est VIVANT et pas prochainement décédé! Si ça vous intéresse, la thérapie comportementale (TCC) vous prendra autant de temps que d'aller voir des médecins ou des spécialistes, alors ESSAYEZ! :)

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